Le Maine Libre Une jeune pianiste sublime Mozart

06/10/2018

Le public du théâtre des Quinconces n’est pas prêt d’oublier cette soirée « Mozart et les Lumières », rendez-vous devenu traditionnel avec le Paris Mozart Orchestra (PMO) de Claire Gibault. Un ensemble qui ouvrira la soirée avec l’ouverture de « L’âme du philosophe ou Orphée et Euridice » de Joseph Haydn, le grand ami de Mozart et qui offrira en clôture une magnifique interprétation de la symphonie « Linz » n°36 du génie de Salzbourg. Dirigé par la cheffe mancelle, avec tout le doigté qu’on lui connaît, le PMO a confirmé la grande qualité de chacun de ses pupitres.

 

Pour le plat de résistance, le concerto pour piano n°20, Claire Gibault a invité une jeune pianiste, en résidence au sein du PMO, Marie-Ange Nguci. Le mélomane amoureux de la musique de Mozart attend toujours avec un peu plus d’impatience le second mouvement, lent, souvent synonyme de chef-d’oeuvre. Le n°20 n’échappe pas à la règle avec sa merveilleuse romance. Pourtant, en ce jeudi soir, dès les premières mesures du 1er mouvement, il se passe quelque chose d’indescriptible. Les notes claires, détachées, pesées s’évadent du piano pour envahir l’espace du grand théâtre. Le sublime mozartien prend une dimension nouvelle sous les doigts d’une magicienne de vingt ans. La romance amplifiera cette impression d’envoûtement qui a saisi la salle.

 

À la dernière note de l’allegro final, une explosion d’applaudissements viendra libérer un public encore étourdi. La France orpheline de la grande Brigitte Engerer est rassurée, la relève est là !