la muse et lartiste pygmalion (c) Sandrine Revel

La Muse et l’Artiste

Concert avec image
Natalie Dessay récitante, soprano
Eric Genovese de la Comédie-Française récitant
Sandrine Revel dessinatrice, projections en direct
Paris Mozart Orchestra | Claire Gibault direction

Avec Pygmalion, Jean-Jacques Rousseau inaugure le genre du mélologue à la fin du XVIIIè siècle. Le potentiel expressif de cette forme, donnant autant d’importance au texte qu’à la musique, inspire les compositeurs du Sturm und Drang, dont Georg Benda, qui écrit en 1779 un superbe Pygmalion sur le texte de Rousseau. En miroir au mélologue de Benda/Rousseau, le Paris Mozart Orchestra a choisi d’explorer les résonances contemporaines du mythe de Pygmalion en passant commande à Philippe Hersant d’un mélologue sur la ballade-romance de Goethe. Des Lieder orchestrés de Schubert sur des poèmes de Goethe compléteront ce programme. Pour ce concert, l’illustratrice Sandrine Revel partagera la scène avec les musiciens du PMO et dessinera en direct sur des projections de sa BD Pygmalion.

LeProgramme

Joseph Haydn
L’anima del filosofo (ouverture)

Georg Benda
Pygmalion (1779)
Mélologue sur un texte de Jean-Jacques Rousseau

Entracte

W. A. Mozart
Lo sposo deluso (ouverture)

Philippe Hersant
Pygmalion (2018) Création mondiale
Mélologue sur un texte de Goethe
Traduction française de Silvia Berutti-Ronelt et Jean-Claude Berutti

Franz Schubert
Lieder sur des poèmes de Goethe

LesArtistes

Natalie Dessay
récitante et soprano

Eric Genovese
récitant (Sociétaire de la Comédie-Française)

Sandrine Revel
illustratrice, projections et dessins en direct

Paris Mozart Orchestra
Claire Gibault direction

Lacréation de Philippe Hersant

Pygmalion par Philippe Hersant

 

Cette œuvre, qui répond à une commande du Paris Mozart Orchestra, est un mélologue, à l’instar de la scène dramatique homonyme de Jean-Jacques Rousseau. Le poème « commenté » par l’orchestre est une ballade de Goethe, qui s’éloigne notablement du mythe raconté par Rousseau et, avant lui, Ovide.

 

Pygmalion, profondément misogyne, fuit les femmes et se réfugie dans son art. Il sculpte un jour une statue parfaite à ses yeux et en tombe amoureux. Chez Ovide, Vénus transforme la statue en femme vivante, que Pygmalion épouse. Cette conclusion fantastique n’existe pas chez Goethe. Un ami de Pygmalion le presse de renoncer à sa folie et de préférer la compagnie des femmes à celle de cette statue inanimée. Pygmalion se rend à la raison et se marie. Mieux aurait valu « fréquenter et aimer les jeunes femmes », conclut Goethe, plutôt que d’en épouser une…

 

Le ton général de la ballade de Goethe est léger, un peu moqueur. J’ai songé, pour l’illustrer, à utiliser une mélodie populaire – avant d’opter pour le choral « Komm, Gott Schöpffer », qui provient directement de l’hymne grégorien Veni Creator Spiritus. « Viens, esprit créateur » : allusion ironique à l’inspiration créatrice de Pygmalion. Le morceau entier se présente comme une série de variations sur ce choral – à l’exception des strophes consacrées à la statue, laquelle a son thème propre, dévolu essentiellement au hautbois.

 

Regrettant un peu que Goethe se soit éloigné du mythe originel, je me suis autorisé à ajouter à ce morceau un épilogue purement orchestral, dans lequel s’unissent enfin les thèmes de Pygmalion et de la statue – du créateur et de sa créature – en une vision idyllique et onirique. La pièce se conclut donc par le rêve de Pygmalion…